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Mercredi 15 août 2007

Nancy Normal est en manque

 

Elle reprend l'autoroute pour se réfugier dans sa maison bourgeoise. Elle descend à la cave, là où elle s'est créée son petit coin secret.Personne ne peut le découvrir, personne n'y va à part elle . Pour Nancy, c'est un lieu de culte. Elle allume une premiére pipe.  Elle inonde son cerveau, embrase son coeur réchauffe son âme. Elle ressent les mêmes choses que lorsqu'elle dansait à l'époque où on lui disait qu'elle était douée et qu'elle pouvait envisager de faire carriére. Nancy tourne sur elle-même dans la piéce, les poteaux se changent en cavaliers, elle s'envole comme un oiseau, comme un phénix en plein vol, un aigle en feu, un chien entrain de se battre. Elle monte les escaliers en bois sur un nuage et rentre sur la pointe des pieds dans la cuisine pour y faire son travail. Debout au milieu d'un horrible décor high-tech agrémenté de mixeurs et autres appareils électroménager qui lui font horreur, elle se rend compte qu'elle n'a rien à faire. Sa vie se résume à ça. Elle rit comme une petite fille, gambade dans la maison et danse avec tous les robots de la cuisine. Ils valsent. Puis elle redescend pour s'en faire une autre, l'effet de la premiére s'étant déjà dissipé. Elle a envie de réfléchir à ce qui ne va pas dans sa vie. 

Buddy Giovinazzo

 

Par yoyo
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Lundi 16 juillet 2007

Par yoyo
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Mercredi 11 avril 2007

Par yoyo
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Jeudi 22 mars 2007

Notre bière qui êtes au frais

Que notre demi soit versé

Que notre volonté soit faîte

Pardonnez-nous nos gueule de bois

Comme nous pardonnons à ceux qui boivent du coca

Soumets-nous au demi pression

Et délivre-nous de la soif

Amen ton pack

 

Par yoyo
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Jeudi 15 février 2007

 Richard HELL

 1980

En route pour chez Chris. Cela ne me disait rien d'être dehors. Je me sentais prêt à tressaillir au moindre bruit un peu fort. Je pensais que j'avais vécu assez longtemps que rien ne me semblait plus nouveau ou interessant.

C'était difficile de trouver un itinéraire où je n'allais pas à coup sûr tomber sur des gens de ma connaissance, et alors je me rendrais compte qu'ils s'en faisait pour moi parce qu'ils me croyaient fou, vu la façon dont je me forçais à les regarder droit dans les yeux afin de leur montrer que, non, je n'étais pas fou, et puis ensuite il faudrait que je méloignerais rapidement    

Par yoyo
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Lundi 12 février 2007

 

Le postier

 Charles Bukowski

Quelques jours après Noël je me suis arrêté voir Betty

Elle était assise dans sa piaule, saoûle à 8 h du matin

Elle avait pas bonne mine, mais après tout moi non plus

Il semblait que presque tous les locataires lui avaient donné une bouteille

Il y avait du vin, de la vodka, du bourbon, du scotch

Que des marques les moins chêres possible

Il y avait des bouteilles plein la chambre

"Les sales cons! Peuvent pas avoir plus de jugeotte que ça,

si tu bois tout ça tu vas en crever!"

Betty s'est contentée de me regarder

J'ai tout compris dans son regard  

Par yoyo
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Mercredi 7 février 2007

Chuck Palahniuk

FIGTH CLUB

Mon patron me renvoie à la maison à cause de tout le sang séché sur mon pantalon et je ne retiens plus ma joie. Le trou qui me traverse la joue de part en part ne se cicatrise jamais plus. Je pars travailler, et mes orbites oculaires défoncées à coups de poings ne sont plus que deux petits pains gonflés autour des deux petits trous de bites qui me restent pour essayer de voir le monde. Jusqu'à aujourd'hui, je faisais vraiment la gueule d'être ainsi devenu maître zen totalement recentré sur lui même sans que personne le remarque. Malgré tout, je continue à faire mes petits trucs fax. J'écris des petits haïkus et je les faxe à tout le monde aux environs. Lorsque je croise des gens dans le couloir au travail, je deviens totalement zen face à la petite figure hostile de tout à chacun.

     

Par yoyo
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Samedi 3 février 2007

Irréversible

Parce que le temps détruit tout

Parce que certains actes sont irréparables

Parce que l'homme est un animal

Parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle

Parce que la perte de l'être aimé détruit comme la foudre

Parce que l'amour est source de vie

Parce que toute histoire s'écrit avec du sperme et du sang

Parce que que les prémonitions ne changent pas le cours des choses

Parce que le temps révéle tout

Le pire et le meilleur 

 

 petit souvenir du passé

Par yoyo
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Mercredi 31 janvier 2007

 

Nous n'avons fait que fuir

Nous cogner dans les angles

Nous n'avons fait que fuir

Et sur la longue route

Des chiens resplendissants

Deviennent nos alliés

BERTRAND CANTAT

Par yoyo
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Mercredi 1 novembre 2006

BYE BYE BLONDIE

VIRGINIE DESPENTES

 Le lendemain de l'arrivée d'Eric, une dame en blouse blanche était rentrée dans la chambre de Gloria. Etait-elle psy, nettoyeuse de chiottes ou emmerdeuse notoire, elle n'avait pas précisé, tout ce qui l'intéressait, c'était qu'elle arrête d'écouter de la musique trop fort...au walkman. Dans cet endroit, un des principes de base, pour que tout le monde aille mieux, sans doute, c'est que n'importe qui pouvait entrer dans les chambres n'importe quand pour raconter n'importe quoi. La nuit, par éxemple, ils ouvraient la porte, plusieurs fois, en grand, laissant entrer la lumière, pour regarder. Des fois que quelqu'un dorme sur le dos alors que cette semaine fallait être sur le côté... ils surveillaient, aussi, que personne baise. C'était pas du tout conseillé, les dingues entre eux. Paraît  qu'ils savent se faire que du mal. C'est bien connu, chez eux, que les câlins c'est mal et n'aide personne à se reconstruire. C'était à se demander qui remportait la palme des plus déchiquetés du chiraud, des malades et des enfermés? Toujours est-il, la connasse est entrée, en trombe, furax. Gloria a ôté son casque, polie, sans rien manifester d'à quel point elle aurait apprécié pouvoir écouter un album de Motörhead en entier sans que cette tâcheronne vienne l'interrompre.

La bonne femme a hurlé "On vous entend du couloir!" et lui a faucher l'écouteur pour l'approcher de son oreille, grimace. De toute évidence, elle n'appréciait pas le rock. Matée, Gloria tenta un sourire gourde, genre "il faut de tout pour faire un monde". Mais la vieille ne voyait pas ça comme ça et elle s'empara du walkman en haussant les épaules:"Comment voulez-vous progresser en écoutant une musique pareille". Gloria est restée assise, immobile, deux secondes, à se dire qu'elle ne voulait pas d'histoires, qu'il s'agissait sûrement d'un test. Même ici, même eux, ne seraient pas cons à ce point-là. Comme s'il y avait des limites à la saloperie des dominants. La voix en Gloria qui lui conseillait de rester calme et d'attendre que son père vienne en visite pour qu'il demande lui-même à ce qu'on lui restitue le machin, la voix qui conseillait de fermer sa gueule et tant pis pour les quelques jours sans musique...Raison ou pas cette voix de lopette s'est retrouvée mise en minorité hyper vite et alors Gloria s'est jetée sur la bonne femme. Littéralement propulsée sur elle et comme recouvrant de vieux réflexes de rugby girl (vestiges d'une vie antérieure?)...Elle l'a projetée dans le couloir, l'autre est tombée sur le dos, le walkman confisqué dans la poche. Et Gloria, à genoux sur son ventre, la tenait fermement par les cheveux. Vite, avant que d'autres gluants ne se radinent et ne la tirent en arrière, elle avait eu le temps de la faire saigner un peu derrière son crâne. Elle lui hurlait, tout près de l'oreille "salope de pute tu peux pas m'interdire d'écouter Motörhead, t'entends? tu ne peux pas faire chier A CE POINT!". En s'égosillant, dans l'espoir que l'autre reste endommagée de l'oreille à vie!. Que ça vaille le coup de foutre le bordel. Lui niquer sa vie, sale pute, que plus jamais elle n'entende correctement. Sur le moment, ça semblait important.

C'est ainsi que Gloria fut privée de musique, exactement et uniquement ce qui lui tenait un peu compagnie, privée de musique jusqu'à la fin. Encore un truc qui allait l'aider à aller mieux, à se reconstruire, comme ils disaient. La bande à crevards et leurs sales méthodes de tarés.      

Par yoyo
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